Textes

Cours dans les plaines, dans les taillis. Les ronces n'entament pas le cuir de mes pieds. Premières odeurs, premiers sons. L'animal n'existe pas, il est.
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à la table commune de tous les lieux communs j'ai mis mes quelques fleurs publiques

note: le front a été mordillé mais cela ne laissera pas de trop grosses marques.
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Quelle chaude journée ! L'air est lourd, sans odeur. On se croirait dans un des ces pays exotiques où les forêts sont profondes et où l'herbe est d'un vert presque noir. Le ciel se dessine à l'envers, cerné de feuilles pointues. On s'écoute respirer et on se trouve bruyant. On s'essaye à l'immobilité mais la poitrine se soulève, les yeux clignent, les mains tremblent. On attend l'animal, derrière le rideau de feuilles ou sur une branche haute.

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  • L'envie d'uriner s'était installée depuis un bon moment.
    La vessie lourde, (notre personnage) peinait à trouver une position confortable.
    Il lui faudrait attendre l'entracte pour se soulager. Cette idée le fit frissonner. L'idée de traverser la salle sous le regard de tant de personnes lui était insupportable.
    Aussi, il restait assis.
    Il ne pouvait fixer son attention sur la scène, incapable de s'oublier assez pour croire au jeu des acteurs. D'un geste discret il desserra lentement la boucle de sa ceinture et s'enfonça un peu plus dans son siège. Le bénéfice de la manoeuvre ne dura qu'un instant : l'envie se fit plus pressante encore.
    Comme étranger à lui-même il considérait sa situation avec une tristesse amusée.
    Il esquissa un sourire.
    Une envie, plus sournoise encore que le besoin de vider sa vessie, le saisit.
    Le sourire devint rictus.
    Il se leva, considéra longuement la nuque de la personne assise devant lui et acheva de dégrafer son pantalon.